In ze mood, le blog d'humeur de Dominique

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Pauvre français…

Qu’on ne compte pas sur moi pour faire une énième analyse du phénomène social des gilets jaunes. J’avais commencé sur Facebook, mais je me suis pris une telle tarte dans la g…, que j’ai viré illico presto toutes mes publications sur le sujet. Philosophe, oui, masochiste, non !

 

Autocritique du mépris

Ayant attrapé une « giletjaunisse aiguë », car noyé sous les publications de certains de mes « amis » sympathisants de ce mouvement, je ne les ai certes pas enlevés de mes contacts, mais ai résilié mon abonnement à leur fil d’actualité. Mesure qui m’enquiquine quand même, car je me prive ainsi de certaines informations et publications qui m’intéressent bien plus que leurs états d’âme sociétaux.

Cependant, je n’échappe pas aux publications des différents médias sur le sujet et aux commentaires qui les suivent.

Et là, autre sujet de ma préoccupation et de mon agacement : le massacre de la langue française dans sa syntaxe, et surtout dans son orthographe.

Et sur ce plan, force est de constater, et j’aurais aimé le contraire, que 4 commentateurs sur 5, soutiens au mouvement, massacrent allègrement la langue française. La proportion s’inverse exactement pour les détracteurs de cette contestation.

Je m’en suis tellement crispé, que j’ai mis en ligne une publication dans laquelle je formulais le vœu que les CRS bombardassent les manifestants avec des « Bescherelle » plutôt qu’avec des grenades lacrymogènes.

Ma publication n’a pas tenu la journée. Non pas qu’il y eût des réactions hostiles, mais je me suis dit que mon propos était assez méprisant et que les gens avaient le droit de s’exprimer même si la façon de faire était incorrecte. J’ai donc supprimé ma propre publication.

Mais cela ne calmait pas mon énervement.

 

Comment en est-on arrivé là ?

En effet, en examinant de plus près ce qu’on peut lire sur FB, je me suis rendu compte qu’il n’y avait pas que les GJ qui assassinaient notre langue. Tous ceux qui à un moment expriment leur hargne, leur rogne et leur grogne, ont toujours comme point commun de confondre le pronom « ça » avec l’adjectif possessif « sa », de mettre dans le même sac les verbes conjugués qui se terminent par le phonème « é » du style : « énervé ; énervais ; énervait ; énervez ; énerver ; etc. », de consolider la première personne de l’indicatif futur avec la première personne du conditionnel présent (« je serai ; je serais »), j’en passe et des pires.

Ayant quand même fait remarquer un jour dans le fil d’une discussion sous une publication d’un journal local « que ça ne s’améliorait pas du côté de l’orthographe », je me suis fait traiter « d’intello ».

Depuis quand écrire en français correct relève-t-il de la qualité d’intellectuel ?

En une génération seulement, ce qui unissait justement les classes aisées et les classes les plus modestes, le respect de la langue française, s’est volatilisé !

Je n’ai pas l’intention de refaire le débat sur l’appauvrissement de la qualité de l’emploi de notre langue, celui-ci agitant les milieux intellectuels et politiques depuis longtemps, mais on ne pourra m’empêcher de m’interroger à ce sujet. Comment en est-on arrivé là ?

 

Solution de facilité : tout cela, c’est de la faute du système éducatif français. Voilà, en une phrase on évacue le problème, on se donne bonne conscience, on trouve un bouc émissaire. Non, et je suis bien placé pour le savoir, même si les réformes de l’enseignement reviennent aussi régulièrement que les marées hautes et les marées basses sur le littoral atlantique, le fait de faire dix fautes dans une phrase qui comporte huit mots, ne peut être attribué aux enseignants. Enfin, devrais-je dire « ne pouvait être attribué », car malheureusement la lèpre orthographique atteint également les nouveaux enseignants en début de carrière.

Et, cela ne va pas faire plaisir, si on se retournait plutôt vers les gadgets téléphoniques, et surtout en direction de « l’étrange lucarne » qui depuis maintenant plus de 30 ans nous abreuve d’une sous-culture effrayante associée à un bourrage de crâne incommensurable de la publicité. Recevoir bêtement des images et des sons comme par le passé, les bovins regardaient passer les trains le long d’une voie ferrée sans l’ombre d’un effort intellectuel critique, ne touchons-nous pas au cœur du problème ? Et que dire de ces SMS ou textos (pour employer un terme français, quand même) qui facilitent la fainéantise crasse de saisir un mot en entier (avec l’exemple typique du « cé kan sa » qui pour certains est désormais devenu la véritable norme orthographique) ?

Alors, sans doute gênés aux entournures, certains pédagogues souhaitent brûler en place publique les « tablettes » devenues le passe-temps favori de nos « chères têtes blondes ». Pourquoi donc ? Si celles-ci sont équipées d’un moyen de lecture électronique ? Car, ne confondons pas retour à des valeurs culturelles traditionnelles avec passéisme. Victor Hugo en format Kindle reste toujours Victor Hugo !

Et c’est justement à ce même auteur qu'on doit le mot : « La forme, c’est le fond qui remonte à la surface ». Tout est dit !

Car oui, la peste orthographique qui envahit maintenant les réseaux sociaux peut être soignée en lisant. Et quand on lit, on a plus de chance de comprendre le monde qui vous entoure.

 

Le bonjour vous va !

 



11/01/2019
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